
L’insertion socio-professionnelle constitue l’un des moyens essentiels permettant aux jeunes ruraux
Le Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, à travers l’Office Burundais de l’Emploi et de la Main-d’œuvre (OBEM), avec l’appui financier du FIDA via son programme PRODER, a organisé, du 9 au 10 décembre 2025 à Makamba et du 11 au 12 décembre 2025 à Bururi, des cadres d’échanges avec les parties prenantes sur les enjeux de la promotion de l’emploi, de l’entrepreneuriat.

Dans son discours, Mme Faustine NDAYISHIMIYE, Directrice Générale a.i. de l’OBEM, qui a rehaussé de sa présence cette activité, a indiqué que l’objectif de cet atelier est de contribuer à la promotion de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et des femmes en milieu rural, à travers la mobilisation des parties prenantes autour des enjeux et des défis liés à ces questions.
L’accès à l’emploi en général, et l’insertion socioprofessionnelle en particulier, figurent parmi les leviers majeurs de l’augmentation des revenus des ménages, de la réduction du chômage et de la pauvreté chez les jeunes et les femmes vivant en milieu rural, a déclaré la Directrice générale a.i. de l’Office Burundais de l’Emploi et de la Main-d’œuvre.
Elle a également précisé que le Gouvernement du Burundi s’est doté d’instruments de planification servant de guides et d’orientations dans tous les secteurs de la vie nationale. Il s’agit notamment de la vision « Burundi, pays émergent en 2040 et pays développé en 2060 », mise en œuvre à travers le PND 2018-2027 révisé.

Comme d’aucuns le savent, aucun pays ne peut lutter efficacement contre la pauvreté, atteindre sa vision ou les objectifs fixés sans une population active pleinement engagée dans des activités génératrices de revenus. Ainsi, exercer un emploi demeure le principal déterminant du niveau de vie de la majorité de la population dans les pays en développement. Le salaire ou le revenu permet à plusieurs familles d’échapper à la pauvreté ou, au contraire, d’y retomber lorsque l’un ou plusieurs de leurs membres perdent leur emploi. L’emploi influence également la manière dont un individu se perçoit, interagit avec les autres et définit son rôle au sein de la société.

Intervenant sur les enjeux de la promotion de l’emploi, Hymelin NIYONDAGIJE a souligné que l’emploi des jeunes en milieu rural constitue un enjeu crucial pour le développement économique et social du Burundi. L’une des priorités pour faire progresser la jeunesse rurale consiste à créer des emplois ruraux durables et de qualité, accessibles aux jeunes. Bien que le taux de chômage des jeunes en milieu rural soit généralement faible à l’échelle nationale, le taux de sous-emploi demeure élevé, en raison de la prédominance des emplois saisonniers et des opportunités limitées dans ces zones.

Les jeunes vivant en milieu rural présentent souvent un faible niveau de formation, ce qui les rend moins compétitifs sur le marché du travail. Ils font également face à un accès limité à la terre, au crédit et aux nouvelles technologies, réduisant ainsi leurs possibilités de création d’entreprises.

Dans sa présentation, Denise MINANI a proposé des pistes de solutions pour réussir l’insertion professionnelle et la promotion de l’emploi. Elle a particulièrement insisté sur l’identification des compétences, des expériences et des motivations, l’analyse des freins à l’emploi (mobilité, formation), ainsi que sur l’importance des partenariats. Selon elle, le défi de l’emploi des jeunes pourra être relevé grâce à des partenariats innovants et élargis entre le secteur public, le secteur privé et la société civile, en favorisant la création d’opportunités permettant aux jeunes de travailler simultanément avec ces trois acteurs. Elle a également mis l’accent sur le renforcement de la formation entrepreneuriale, tant pour les entreprises existantes que pour celles nouvellement créées.

Notons enfin qu’il est essentiel de mettre en place des politiques inclusives et adaptées aux réalités rurales, favorisant l’employabilité, l’entrepreneuriat et l’autonomisation des jeunes. Investir dans leur avenir, c’est aussi garantir un développement durable et équilibré du pays.