
À l’occasion célébration de la Journée mondiale de lutte contre le travail des enfants et ses pires formes, célébrée chaque 12 juin, le Ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Sécurité sociale en collaboration avec les organisations syndicales et les organisations œuvrant pour la protection des droits de l’enfant, a organisé, jeudi 16 juillet 2026 en commune Rutana, une séance de sensibilisation.
Placée sous le thème national : « Unissons nos efforts pour dénoncer et décourager toute personne qui fait travailler les enfants mineurs en les empêchant d’aller à l’école », cette activité a réuni des représentants des partenaires sociaux, des autorités administratives, des organisations syndicales ainsi que d’autres intervenants engagés dans la promotion des droits de l’enfant.

Dans son discours d’ouverture, le Directeur Général chargé du Programme Emploi et Travail décent au sein du Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale Boniface NDAYIRAGIJE, a rappelé que le travail des enfants demeure un défi majeur au Burundi. Il a souligné que les principales causes de ce phénomène sont la pauvreté, la déscolarisation, la précarité des ménages ainsi que le manque de sensibilisation sur les droits des enfants. Il a insisté sur la nécessité de renforcer l’application des lois, de promouvoir l’accès à une éducation obligatoire , d’améliorer les mécanismes de protection sociale et de mobiliser tous les acteurs afin d’éradiquer ce fléau.

Les représentants de la COSYBU et de l’AEB ont également pris la parole pour réaffirmer leur engagement à accompagner le gouvernement dans la protection des enfants contre toute forme d’exploitation économique.
Les travaux se sont poursuivis par une série de présentations. La première, animée par Boniface NDAYIRAGIJE, portait sur les perspectives de lutte contre le travail des enfants au Burundi, en mettant l’accent sur la mise en œuvre des recommandations issues de la Conférence internationale sur l’élimination du travail des enfants, tenue à Marrakech en février 2026. Il a souligné l’importance d’une collaboration étroite entre les institutions publiques, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les communautés afin de renforcer les actions de prévention et de protection.

La deuxième présentation, assurée par Authentique NISHIMWE, représentant la COSYBU, a mis en lumière le rôle des partenaires sociaux dans l’application des conventions internationales du travail, en particulier celles relatives à la protection des enfants. Il a rappelé que les syndicats et les organisations d’employeurs ont une responsabilité essentielle dans la promotion du travail décent et dans la prévention du recours au travail des enfants.
La troisième communication, présentée par Rémy NSENGIYUMVA , représentant le Syndicat Libre des Travailleurs de l’Enseignement du Burundi (STEB), était consacrée aux Conventions n°138 et n°182 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui concernent respectivement l’âge minimum d’admission à l’emploi et l’élimination des pires formes de travail des enfants. Il a présenté les activités concrètes menées sur le terrain pour sensibiliser les communautés, identifier les enfants victimes d’exploitation et promouvoir leur réintégration scolaire.

La quatrième présentation, animée par NTAMAHUNGIRO Ferdinand, représentant la FENADEB, a porté sur le rôle des différentes parties prenantes dans la lutte contre le travail des enfants. Il a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les familles, les communautés, les établissements scolaires, les employeurs et les autorités locales afin de prévenir toutes les formes d’exploitation des enfants.
Les échanges qui ont suivi les différentes présentations ont permis aux participants d’identifier les principales causes du travail des enfants, notamment la pauvreté persistante, l’abandon scolaire, l’ignorance des textes protégeant les enfants, les conflits familiaux et les difficultés économiques auxquelles sont confrontés de nombreux ménages.

À l’issue des discussions, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont appelé au renforcement de la sensibilisation des communautés sur les droits de l’enfant, à une application rigoureuse des lois sanctionnant le travail des enfants, à l’amélioration de l’accès à l’éducation pour tous les enfants, au renforcement de la protection sociale des familles vulnérables ainsi qu’à une collaboration accrue entre le gouvernement, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers.
Cette célébration a constitué une occasion de rappeler que la lutte contre le travail des enfants est une responsabilité collective. Les participants ont réaffirmé leur engagement à unir leurs efforts afin de garantir à chaque enfant burundais son droit à l’éducation, à la protection et à un développement harmonieux, conformément aux engagements nationaux et internationaux du Burundi.