
Avec l’appui technique et financier de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le Ministère du Travail, de la Fonction Publique et de la Sécurité Sociale, via le Programme Responsable de la Protection Sociale, a organisé du 14 au 15 avril 2026 une formation sur la Convention N°102 de l’OIT relative aux normes minimales de sécurité sociale.

Dans son discours d’ouverture, l’Assistante du Ministre, Emmerancienne TABU, a rappelé l’ambition de ces deux jours de travaux. L’objectif de cette formation est de permettre de mieux comprendre les exigences de la Convention, d’évaluer le niveau de conformité du cadre national actuel, de définir les étapes concrètes qui conduisent à sa ratification et à sa mise en œuvre effective.
Elle a également précisé que le Burundi réaffirme sa détermination à faire de la protection sociale un levier stratégique de développement durable et inclusif afin de bâtir un système de protection sociale protégeant les plus vulnérables et accompagnant chaque citoyen tout au long de son cycle de vie.

La protection sociale n’est pas un choix, mais une exigence. Elle est au cœur du contrat social qui lie l’État à ses citoyens. Elle constitue un instrument fondamental de justice sociale, de stabilité économique et de cohésion nationale.
C’est dans cette optique que des réformes majeures ont été engagées ces dernières années. Il s’agit notamment de la mise en place de la Commission Nationale de la Protection Sociale en tant qu’organe de coordination du secteur, de l’adoption du Code de la protection sociale, ainsi que de la récente adoption de la Politique Nationale de Protection Sociale accompagnée de sa stratégie de mise en œuvre, a-t-elle ajouté.

L’engagement s’inscrit également dans une dynamique internationale où le Burundi entend jouer pleinement son rôle au sein de la communauté des nations en respectant et en promouvant les normes internationales du travail, en particulier celles relatives à la sécurité sociale.
Au cours de cette formation, les échanges se sont articulés autour de quatre axes majeurs. Le premier thème était consacré à un aperçu général de la protection sociale : état des lieux des régimes existants au Burundi, taux de couverture et principaux défis à relever pour l’universalisation.
Le second thème portait sur la présentation du cadre normatif de l’OIT : rôle des conventions et recommandations internationales dans l’harmonisation des systèmes de sécurité sociale.
Le troisième thème se focalisait sur les normes de l’OIT relatives à la sécurité sociale : analyse détaillée des neuf branches prévues par la Convention N°102 : soins médicaux, indemnités de maladie, prestations de chômage, de vieillesse, en cas d’accident du travail et de maladie professionnelle, prestations familiales, de maternité, d’invalidité et de survivants.

Le quatrième thème était orienté sur l’assistance technique de l’OIT et la procédure de ratification : présentation des mécanismes d’appui de l’OIT et des étapes juridiques et institutionnelles nécessaires à l’intégration de la Convention dans l’ordonnancement juridique national.
Cette formation s’inscrit dans la volonté du Burundi de renforcer son système de protection sociale et de l’aligner sur les standards internationaux. La Convention N°102 constitue le socle de référence mondial en matière de sécurité sociale. Sa ratification permettrait au pays de disposer d’un cadre minimum garanti pour protéger les travailleurs et leurs familles contre les principaux risques sociaux.
Il convient de souligner que cette formation marque une étape importante dans le processus engagé par le Burundi pour aligner son système de protection sociale sur les standards internationaux.

En définitive, la ratification de la Convention N°102 de l’OIT constitue une avancée importante pour le renforcement du système de protection sociale au Burundi. Toutefois, il convient de souligner que le pays n’est pas encore pleinement prêt pour sa mise en œuvre effective. Il s’inscrit actuellement dans un processus progressif d’alignement et de mise en application des exigences de ladite Convention, à travers des réformes institutionnelles, juridiques et techniques en cours.